Jeudi 19 janvier 2012 - 10h/13h : Rencontre / formation La violence dans le roman noir. Comment écrire pour la jeunesse ? avec Caryl Férey et M. Ledun, animée par Joël Bouvier, organisée par l’association des Quais du Polar (Lyon, 69). — Samedi 21 janvier 2012 : Rencontre/débat sur le roman noir à la bibliothèque de Venelles (13) avec Marcus Malte et M. Ledun (renseignements : 04 42 54 93 48). — Samedi 28 janvier 2012 : Rencontre-dédicace à la Médiathèque de Pamiers (09). Renseignements au 05.34.01.38.90. — 3 - 5 février 2012 : Festival Polar à Drap (contact : 04 93 01 45 55).
Agenda début 2012 (sic)
6 janvier 2012Trophées 813 - 2011
15 novembre 2011(photo : Richard Contin)
One more pill to kill the pain…
1 septembre 2011« Le travail, qui était une expérience socialisatrice et collective en résonance avec les enjeux politiques, économiques, sociaux ou culturels de la société, se transforme en une épreuve solitaire. Chacun est dans un corps à corps angoissant avec son propre travail, et la volonté d’en retirer une reconnaissance, un prestige. Quand ça ne marche pas, les salariés s’effondrent. [...] Le salarié est un ennemi à fragiliser, à affaiblir et à isoler. Il faut le mettre en difficulté pour obtenir de lui un travail à la hauteur de ce qu’attend l’entreprise. C’est une idée fortement ancrée dans l’esprit managérial, qui est relayée par les écoles de commerce et de gestion. C’est en quelque sorte l’idéologie de la lutte des classes, mais du point de vue du management. [...] Il [Le patronat] pense que si on laisse un peu d’autonomie et de liberté aux salariés, ces derniers voudront travailler selon leur point de vue, selon leurs propres valeurs, en essayant de s’économiser. Il faut donc les obliger à être productifs par tous les moyens » (source et suite : Bastamag, entretien avec Danièle Linhart, 31 août 2011)
En douce…
24 août 2011
« Franca on m’a réveillé cette nuit minuit pour m’apporter ton télégramme. Je ne sais qui bénir, les Postes, ou l’Hôtel, pour cette imagination prodigieuse – tu m’as rejoint dans le sommeil ; dans un sommeil plein de toi. » (Louis Althusser, lettre à Franca Madonia, 1961)
Perros de porcelana (Espagne)
23 août 2011A paraître le 13 septembre 2011 chez Alienta Editorial (Planeta). Traduction : Ramon Vilardell.

Vincent Fournier, un ejecutivo exprimido por sus jefes y relegado con el paso del tiempo a un cargo puramente administrativo, aparece en su despacho de la compañía telefónica para la que trabaja con una bala en la cabeza y un sedante en el estómago. No es el primer cadáver: varios de sus compañeros de trabajo se han suicidado previamente tirándose por la ventana. Nadie mejor que Carole Matthieu, médico de la empresa, conoce los motivos que llevaron a Vincent Fournier a la muerte. Su trabajo consiste en ayudar a cientos de trabajadores agotados y advertir a sus jefes de los peligros del estrés y de la sistemática precariedad laboral en la que viven los empleados de la empresa. Pero el trabajo de Carole también pasa por escuchar los dramas personales de los trabajadores, intentando curar sus almas heridas con los medios adecuados…si se puede llamar un instrumento de trabajo a una pistola Beretta 92.
Une aubaine…
13 juillet 2011
« A la fin des années 1950, les ados étaient un nouveau marché à conquérir, une aubaine publicitaire. Le concept d’adolescent vient de la publicité, une fabrication assez cynique puisque le simple fait de les étiqueter de cette façon a conduit les jeunes de cette tranche d’âge à se revendiquer comme tels. Ça a créé un marché non seulement pour les fringues et les cosmétiques mais aussi pour la musique, la littérature et tout le reste. Un panier à part. ça a été une déflagration, une énorme vague de puberté. La beatlemania et la folie entourant les Stones viennent de là. Ces filles auraient tout donné pour connaître enfin quelque chose d’autre. Quatre ou cinq mecs maigrichons leur ont fourni une issue, mais elles l’auraient trouvée ailleurs, de tout façon. » (Keith Richards - Life - 2010).
Leadership (déf.)
17 juin 2011
FICHE COMPETENCE CLE DU GROUPE. - Mesurer les compétences d’un salarié - Libellé long (30c) : Leadership.
Définition :
Entraîne son équipe, ses collaborateurs à se dépasser, à aller au-delà des résultats qu’ils auraient spontanément obtenus et les implique plus fortement que leur seule motivation initiale.
Définition des niveaux d’évaluation :
Niveau 1 : Attribue des tâches, des rôles à ses collaborateurs. Fixe des objectifs, s’assure de la mobilisation des moyens, contrôle l’exécution et les résultats. Rappelle les consignes en cas de besoin.
Niveau 2 : Transmet des instructions et donne les explications nécessaires. S’assure de la capacité de ses collaborateurs de réaliser les tâches demandées. Apporte un soutien, fournit des moyens complémentaires si nécessaire.
Niveau 3 : Donne des explications. Mesure l’intérêt à la tâche, la motivation de ses collaborateurs. Adapte son action pour renforcer l’implication de chacun. S’engage à fournir les ressources nécessaires pour atteindre les objectifs. Inscrit son action dans la durée, construit un projet de développement avec chacun de ses collaborateurs.
Niveau 4 : Inscrit son action dans la politique et la stratégie de son entité. Communique sa vision des finalités et des relations de travail. S’assure en permanence de l’adhésion des collaborateurs aux grands objectifs de son entité.
Trions, mes frères !
16 juin 2011La perfection d’un outil de pouvoir ne se mesure pas tant à son raffinement technique qu’à sa parfaite adaptation économique. (Olivier Razac, Histoire politique du barbelé, 2000)

Marc ne mange plus de viande, ne consomme plus que sa propre production de légumes et a perdu douze kilos en neuf mois, vraisemblablement à cause d’une allergie aux agents irritants contenus dans les peintures biologiques qui recouvrent ses murs. Sa barbe hirsute, son épouvantable maigreur et la pâleur de sa peau lui donnent l’apparence d’un sidaïque en phase terminale. L’une de ses voisines, une sexagénaire dont le mari est mort d’un cancer de la prostate l’année précédente, le regarde avec compassion à chaque fois qu’elle le croise dans la cage d’escalier. Une lueur libidinale perverse dans le fond de l’œil, elle tente par douze fois de l’inviter à boire le thé. Il trouve l’énergie de refuser mais craint de perdre patience. Pour éviter de croiser la fâcheuse, Marc s’enferme chez lui. Il passe les trois jours suivants à démonter pièce par pièce : son téléviseur, son micro-onde, sa machine à laver, sa chaîne hifi, son téléphone portable. Et sept supplémentaires à accoucher d’une théorie radicalement nouvelle sur les mutations anthropologiques inhérentes à l’introduction de l’écologie dans la sphère domestique. Ses cheveux tombent par poignées et il perd six dents. Il y voit le signe de la désagrégation de l’homo œconomicus et de l’avènement d’un homme nouveau. Il convient de préciser ici que Marc est d’un naturel optimiste.
Ô mon bordel natal
16 juin 2011
« Oui, alors puisque le Far-West c’est fini, il faut m’y prendre autrement, il faut que ça paie. Le bordel industriel avancé regorge. Il faut vous décider à m’en donner un peu, parce que si vous continuez à nous en promettre sans nous en donner, à susciter toute cette abondance de misérables désirs, il vous viendra de plus en plus de pauvres, ô mon bordel natal, et des moins arrangeants que moi. Voilà pourquoi vous crèverez tous. » (Jean-Patrick Manchette, L’Affaire N’Gustro, 1971)
Un nombre humain
7 juin 2011
« Envie d’exploser. Elle frissonne. Elle fait durer. Son sexe palpite. Elle fait durer. Elle chasse un insecte de la main, puis un autre. Elle a l’impression qu’ils sont des centaines autour d’elle. Sur elle. En elle. Elle promène le dos de l’index sur sa joue, infinie douceur. Puis son doigt rencontre une protubérance spongieuse et elle se souvient. A partir de là, ses yeux grands ouverts sur le ciel ne voient plus que les flammes de l’enfer. Celui de son trouble, le souvenir de sa virginité perdue et les expériences de Peter Dahan sur son corps au cours des vingt-huit dernières années. Les violences, la folie et les visages déformés par la douleur. Elle fait durer. L’équilibre est instable mais il perdure. Les puces à ADN implantées dans son tronc cérébral et son système nerveux s’agitent un bref instant, mais elle parvient à rester maîtresse de ses cellules. Elle fait durer. Presque femme, pas tout à fait machine. Humaine. Ou plutôt : in-humaine. Être de chair et de sang puisant à la source du Progrès. Utopie calcinée. Elle voit la pourriture, les taches brunes sur son abdomen et le long de ses cuisses. Elle connait la destruction progressive de son système immunitaire sous les coups de boutoir des nanomachines. La lente dégradation de ses organes vitaux, en même temps que son cortex connaît une expansion vertigineuse. Elle sait qu’il ne lui reste plus longtemps. »
(Source image : Alexios Tjoyas)



















